dimanche 8 février 2015

L’activité, principal support au travail éducatif sur un service de jour protection de l'enfance:

L’activité, principal support au travail éducatif sur un service de jour protection de l'enfance:

L’activité est le support privilégié à l’accompagnement éducatif, scolaire et pré-professionnel. En effet elle peut viser différents objectifs:
  • faciliter la relation: pour M.CAPUL et M.LEMAY, les activités « créent un réseau d’échanges, de participations et d’actions qui autorisent le sujet à se trouver une place au milieu d’autres partenaires ou à donner un sens personnel à un effort solitaire »1. Autour de l’activité conviviale, il est alors possible que « se développe un plaisir fait de complicité, d’appartenance d’accueil mutuel, et finalement de partage gratuit d’une joie éprouvée simultanément »2 . L'activité est alors envisagée par l’équipe du service comme un espace de médiation où le faire ensemble permet l'instauration d'une relation éducative porteuse de changement.

  • Favoriser et Soutenir l’émergence d’un désir de projet : L'activité de médiation permet au jeune d’expérimenter et de développer ses capacités autour de support nouveaux (atelier expression, mécanique, bois) ou (atelier scolaire et mise en stage), sous le regard bienveillant de l'éducateur technique, scolaire ou spécialisé. « Le génie d’un intervenant éducatif est de savoir accompagner le mouvement naissant pour que des gestes insignifiants au premier abord deviennent aux yeux de l’enfant son spectacle dans lequel il devient autant acteur que spectateur de son œuvre »3.

  • Valoriser le jeune: En fixant des objectifs de travail adaptés aux capacités du jeune, les éducateurs visent à favoriser la progression et la réussite du jeune. L’activité permet alors de dépasser l’appréhension de l’échec par le jeune. Au travers de projets individuels ou collectifs, l’activité de valorisation permet de poser les bases d’une possible mobilisation pré professionnelle avec des jeunes qui appréhendent un échec trop souvent rencontré.

  • Développer les compétences sociales : Le cadre souple mais suffisamment contenant posé par l’équipe permet de travailler avec le jeune les savoirs être qui jusque là faisaient défaut. Au travers d’actions collectives et d’un accompagnement au quotidien, le jeune apprend à vivre et à travailler en collectivité en développant sa capacité à communiquer et à faire des concessions. L’émulation du groupe, le plaisir de faire ensemble permet souvent d’apprendre à mieux gérer la frustration. Capul et Lemay reprennent David Wineman qui écrit : « Pratiquement, tous les talents sociaux nécessaires dans n’importe quelle collectivité, peuvent être traduits en activités ludiques qui associent les valeurs culturelles et socialisatrices aux expériences plaisantes et heureuses. »4

  • Evaluer et Développer les compétences manuelles et intellectuelles : Lorsque le jeune réussit à préciser un désir de projet scolaire ou professionnel, les ateliers servent alors de support à l’évaluation, à l’acquisition et au développement des compétences nécessaires. Ce travail est prolongé par les stages pré professionnels qui permettent au jeune de prendre conscience de ses compétences mais aussi du chemin à parcourir pour accéder à son projet. Soutenu par les éducateurs, il donne alors un sens différent à sa présence sur le service ainsi qu’aux ateliers auxquels il participe.
1 M.CAPUL et M.LEMAY,  De l’éducation spécialisée, éd. ERES, 2005, p.176
2 Ibid., p.177
3 Ibid , p 178
4 Ibid, p179

Reflexion et éclairages: Sport à sensations et éducation spécialisé ?

Sport à sensations et éducation spécialisé ?


La pratique de sports à risque, sous certaines conditions, peut être un support à la construction identitaire du jeune et à son autonomisation en valorisant ses qualités personnelles. Elle peut aider les adolescents à trouver du sens à leur existence sans pour autant les mettre en danger. Pour Lebreton, elles « ouvrent une voie propice à l’acheminement du jeune vers l’autonomie. Elles lui apprennent à mieux se situer face aux autres, déplacent le jeu symbolique avec la mort ou l’affrontement à la société vers un espace où ces conduites peuvent être discutées, mieux comprises, elles (re)construisent l’estime de soi, une meilleure confiance en ses capacités physiques ou morales »1

• Toute activité sportive présente un risque. Il y a certainement plus de traumatismes chez les rugbymen que chez les skieurs. Cependant, l’imaginaire du risque et de son bénéfice appartient à certaines activités physiques (parachutisme, escalade, kart, sport de glisse). Pour l’adolescent, les bénéfices pressentis à leur pratique seraient essentiellement les suivants :
- le développement des capacités du jeune, de sa créativité et de son courage, qualités dont il doit faire preuve dans le sport à risque ;
- la prise de conscience par le jeune de ses ressources personnelles et la fierté d’avoir réussi.2
- valorisation et renforcement de l’image de soi
Ces sports ne sont pas générateurs d’un véritable danger mais l’appréhension vaut comme une «instance de fabrication de sens»3, pour le jeune comme un moyen de s’estimer davantage et d’apprendre à se situer au sein d’un groupe.


• Les activités à risque de pleine nature «  présentent un avantage très important pour les jeunes en difficulté avec la loi. En effet, la loi de la nature est tangible, non négociable ou transgressable. La nature oblige la personne à entrer dans la logique du vivant, dans la rencontre à l’autre, rencontre passant par la confrontation des représentations, la relation d’aide »4. Aussi, il peut être intéressant pour l’éducateur spécialisé de s’appuyer sur la rencontre entre la limite imposée par le milieu et celle de la capacité physique et psychologique « naturelle du jeune ».
La règle et la consigne exposée par l’adulte pourront alors être perçues par les adolescents comme des facilitateurs de l’activité permettant d’accéder à plus de liberté donc à davantage de sensations.

Pour autant, l’activité sportive ne soit pas être idéalisée. La seule pratique d’un sport à risque ne suffit pas à créer un changement de conduite chez le jeune.
La première limite vient du fait que proposer une pratique sportive « à risque » pourrait participer à l’accentuation des comportements, voire même encourager un processus d’addiction au risque.
La deuxième limite est liée au risque de proposer le sport comme une simple activité occupationnelle dominée par la logique de consommation.

2.1.3. Quelle place pour l’éducateur spécialisé ? 

Afin de dépasser ces deux limites, il me paraît essentiel d’inscrire l’activité sportive à risque dans un projet qui lui donnera alors une dimension éducative. Les potentialités qui se dégagent de ce support éducatif devront être exploitées, cultivées. A l’action doivent s’associer un discours et une réflexion porteurs de changement. « De la même manière qu’ils ont du mal à anticiper une situation, certains jeunes ne semblent pas découvrir leurs capacités au cours d’une activité […] Rien ne s’inscrit en tant qu’évènement dont on peut avoir la maîtrise et dont la prise de conscience du cheminement pour y aboutir autorise la répétition rassurante »5. Il faudra également permettre au jeune de verbaliser les sensations et émotions ressenties en instaurant les conditions nécessaires à l’échange.
Capul et Lemay s’appuient sur la notion de F.Redl en évoquant l’« entretien sur le champ » qui, étant directement lié à une expérience qui vient d’être vécue, permet notamment d’aider le jeune à traduire les affects au moment où ils viennent d’être ressentis et de « prendre conscience sur le champ »6 de certains comportements.
L’éducateur spécialisé doté de certain diplômes complémentaires peu assurer des activités tels que skate, vtt (classe 3 max), escalade…et faire les retours en fin d’activité. Si il n’est pas apte à assurer l’activité, c’est alors un professionnel breveté qui doit s’en charger.
Dans cette optique, le fonctionnement de l’activité sportive est intéressante si il permet à l’éducateur spécialisé de développer une observation participative et de se concentrer sur la dimension éducative de l’activité en se dégageant de la dimension technique et pédagogique (didactique de l’activité, travail sur la performance…) assurée par l’éducateur sportif.
• Afin de renforcer la dimension valorisante de cette activité et de transposer une possible réussite du jeune de l’extérieur (spécificité de l’activité physique) vers l’intérieur du service, il est possible de prendre des photos en cours d’activité. Chaque jeune et parents devront signer en début de prise en charge un document qui autorise la prise de photo et de vidéo dans le cadre des ateliers.


1 LE BRETON D., Sociologie du risque, PUF,
2 MACHARD L. (rapporteur) SPORT, ADOLESCENCE ET FAMILLE, Rapport remis au Ministère de la Santé, de la Famille et des Personnes Handicapées - Ministère délégué à la Famille Ministère des Sports en Novembre 2003
3 LE BRETON D., Conduites à risque, op.cit, .
4CLEMENT M., Sport et insertion, éditions Presses Universitaires du Sport, 2000, p159
5 CAPUL M.et LEMAY M. , op.cit., p 216
6 Ibid, p220

samedi 7 février 2015

FICHE ATELIER PRÉPARATION ENTRETIEN STAGE / EMBAUCHE

Proposition d'une FICHE ATELIER PRÉPARATION ENTRETIEN STAGE / EMBAUCHE
Préparer et réussir son entretien d'embauche
Préparer son parcours d’insertion pré- professionnel grâce à différentes simulations d'entretiens. Permettre d'être plus à l'aise dans les échanges avec les interlocuteurs et de renforcer ainsi la confiance en soi.
» Objectifs pédagogiques
Présenter au mieux son parcours scolaire et pré-professionnel
Préparer et réussir l'entretien de stage ou de recherche d’employeur
Etre à l'aise dans les échanges avec le recruteur
Argumenter sur ses connaissances, compétences et expériences
Gérer les étapes qui suivent l'entretien
» Participants
Jeunes de 15 à 18 ans dont le Projet Personnalisé d'insertion préconise la participation à cet atelier
» Pré-requis
Aucune connaissance particulière.
» Thématique
Formation Insertion Pré-professionnelle
» Travaux pratiques
Simulations d'entretiens d'embauches filmées suivis de débriefings personnalisés.
Simulations d’entretiens téléphoniques.
Travail sur le verbal et la posture.
Rencontre de responsables d’entreprise/recruteur
Travail sur le remerciement/ suivi / Relance après l'entretien d'embauche



Déroulement
1er séance  Préparer son entretien:
  • 1h se renseigner sur le recruteur / Se renseigner sur le trajet/ Réfléchir à sa tenue vestimentaire/
  • 1h Préparer sa présentation / Préparer des questions réponses
2ème séance Préparer son entretien :
  • 1h Suite Préparer des questions réponse / Travail d’imagination / Imagerie Mentale /entretien virtuel
  • 1h réflexion sur déroulement de l’entretien et postures/attitudes adaptées
3ème séance : Simuler un entretien d’embauche
  • Se mettre en situation de candidat et d’employeur
  • Filmer les entretiens
  • Visualiser / échanger
  • Faire évoluer les conditions d’entretien
4ème séance : Continuité simulation + préparation gestion de l’Après entretien


5ème séance : Appliquer les apprentissages avec un professionnel bénévole et volontaire

vendredi 6 février 2015

Tableau Finalité Objectifs Moyen, Projet Skate sur Base de snowboard

Ce tableau indique des objectifs généraux, opérationnels et des moyens qui peuvent être aménagés et déclinés en fonction de votre public et spécificité d'établissement/structure/service:

FINALITE : Récupérer, Produire, Tester et Mettre à Disposition des Skate Long Board
Objectif Général
Objectifs Opérationnels
Moyen
Valorisation / Travail sur l’image de soi
  • Exposition et utilisation de l’objet produit par d’autres personnes
  • Progression dans la pratique, démonstration
  • Communication Réalisation de reportages sur la production et la participation à des événements sportifs

expo photo,
Pratique skate, événements caisse à savon
Reportages Production, Reportage
Citoyenneté, ouverture au monde et éco-responsabilité
  • Détournement et réutilisation d’objets polluant voués à la destruction
  • Participation à l’organisation d’un événement sportif populaire
  • Apprentissage des règles de savoir être, de fonctionnement et de sécurité pour une pratique responsable en collectivité (skateparc)
  • Visite d’entreprise spécialisée

Récup. Snowboard Usagés
Raid XL
Pratique en skate parc
Visite entreprise Vendredi Matin
Développement de savoir et savoir faire
  • Acquisition et Réinvestissement de compétences scolaires dans un projet porteur de sens
  • Acquisition et Réinvestissement de compétences techniques dans un projet porteur de sens
  • Acquisition et Réinvestissement de compétences sportives

Dessin de patron en classe
Découpe de skate en atelier, visite entreprise
Initiation, Pratique, participation événement

jeudi 5 février 2015

Récupération: réalisation d’une planche de skate sur une base de snowboard

La réalisation d’une planche de skate sur une base de snowboard répond en partis aux besoins d'un public adolescent, qui plus est si il est difficilement captable par les supports traditionnels:

- lien entre connaissances pédagogiques (symétrie, mesures numériques) et atelier « pré » professionnel (tâches réalisables par la majorité des jeunes accueillis)

- finalité atteignable, concrète et porteuse de sens à court terme. Évolution et complexification possible des tâches et du projet en fonction du groupe et de sa mobilisation.

- valorisation du travail réalisé par le jeune

- support de travail pour d’autres ateliers (communication/informatique, Culture du corps)

 

RÉALISATION:  elle peut se faire sur la base de patron réfléchis et dessinés en classe en fonction de l’organisation des projets individualisés.


La réalisation d’un skate découpé dans une planche de snowboard est un processus relativement simple et accessible.



Sécurité :

  • Masques pour les poussières de matériaux composite.
  • Gants et Lunettes de sécurité lors des opérations de perçage et de découpe

Découpe :


  • Scie sauteuse + meuleuse sous la surveillance et les conseils de l’éducateur
  • Suivre le dessin du patron
  • Travailler le passage de roue

Perçage et vissage :


  • Perceuse sous la surveillance et les conseils de l’éducateur
  • Veiller à ce que l’entraxe et l’alignement des trous soient bien symétriques


LES DIFFÉRENTES ÉTAPES :

Récupérer des Snowboards relativement rigides (donc ancien / Snow Alpin)

Choisir un style de plateau de skate.

Tester la souplesse du plateau en disposant des cales en guise de trucks, définir à vue de nez la longueur idéale...

Dessiner le patron taille 1 (respecter la symétrie, faire appel à ses connaissances en géométries!)

Reporter le patron sur le snowboard

Découpe du plateau :

- faire un trou de 10 à la perceuse

- couper à la scie sauteuse avec une lame spécial inox/multi-matériaux

- si vous garder les carres, les couper à la meuleuse en fonction du patron et les polir afin de les rendre non coupantes

Percer les 8 trous pour fixer les trucks, moment délicat, aider vous des repère prévus pour les fixations du snowboard, d'une équerre et de vos connaissances en géométries !

Fabriquer votre propre Grip (résine + silice + catalyseur) ou débrouillez vous avec un Grip de skate board...le découper en plusieurs morceaux vous permettra de le répartir sur l'ensemble du longskate et de donner un style perso à votre plateau.

Poser le Grip, Visser les Trucks, Placer les roues...